Merci Charles. Où en étions-nous donc ? Ah oui, Le Frelon encore. Film réac disions nous, qui respecte finalement l'ordre social quand le burlesque ravageur qu'il essaimait au départ nous laissait espérer l'anarchie. Film trouble ou troublé, comme son méchant..., oui Charles, ce fucking glorieux bâtard de Chritsoph Waltz, nouvelle coqueluche des blogs et des journaux... Un très bon méchant encore... peut-être un nouveau von Stroheim..., peut-être bien... Le nouvel homme que vous aimerez haïr... À voir. Peut-être, mais putain Charles, cessez immédiatement de m'interrompre. C'est moi qui pense ici. Vous, vous êtes là pour m'écouter déblatérer mes conneries. So, ta gueule maintenant Charles ! Sinon je te renvoie lustrer l'argenterie avec la gazette Utopia ! Bon, qu'est-ce que je disais ? Oui. Un film trouble ou troublé, comme son méchant est en pleine crise d'identité, ne sachant que faire pour impressionner, pour marquer les esprits, comme s'il avait besoin d'un ravalement de façade après le passage sur les écrans d'un Joker qui fut, lui, pour le coup, totalement, jouissevement, terroristement, anar. Faut-il voir dans le désir de ce méchant de plaire à tout prix, l'essence du film ? Je ne pense pas Charles. Ce serait plutôt du côté du dynamique tandem qu'il faudrait regarder. Ces rapports houleux, conflictuels, mais bon-enfants, ne sont-ils pas à l'image de ceux qui ont uni le réalisateur et l'acteur-scénariste-producteur ? Kato-Gondry et Britt-Rogen, le bricoleur et le bouffon. Quel héros pour la ruche ? Se sont-ils départagés sur le tournage ? A priori, non. D'un côté, l'un qui veut jouer au superhéros : on dirait que je suis le Frelon vert et je me taperais la blonde et blablabla. Donc je l'incarne. De l'autre, celui qui veut lui aussi jouer au superhéros, mais avec son Big Jim. Donc je le manipule dans un décors imaginaire : c'est l'utilisation de temps en temps de cet effet tilt shift, très à la mode en ce moment dans le monde de la photo, qui donne un effet de maquette et de miniatures. L'un joue à, alors que l'autre joue avec. Tttttt, Charles ?!... Qu'est-ce qu'on a dit ?... Gare à la gazette... On ferme sa gueule. C'est d'ailleurs intéressant, l'utilisation de cet effet. Gondry s'en sert pour accentuer le côté factice de la matrice. En quelque sorte il infantilise par la photographie son propre film. Fincher, quant à lui, dans son Social Network, l'utilisait (toute la partie d'avirons à Londres avec les frères fils à papa) pour appuyer l'idée d'un monde obsolète, comme sous cloche, rendu photographiquement à l'état d'une boule de neige souvenir. Et puisqu'on parle de Social Network, on pourrait se demander pourquoi le Frelon vert se contente d'une adresse email, alors qu'il aurait pu se créer une page Facebook et jouer avec. C'est peut-être ce que représente le méchant finalement, Facebook, qui change constamment d'identité, n'est pas pris au sérieux et se cherche des ennemis comme des amis. Tiens, Charles, ça me fait penser à quelque chose. De Fincher, passant de Social Network à Zodiac, c'est curieux qu'on n'ait pas encore eu un serial killer communiquant via Facebook... Allez Charles, va chercher maintenant. C'est bien, c'est un bon chien ça. Tttt, on ne saute pas... tttt, attention la gazette !
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3 février 2011
Maybe, mayBee (Green Hornet 2)
à
08:18
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12 novembre 2010
Post cinéma
Un garçon et une fille. Presque encore tout boutonneux. Ils sont en train de discuter dans un bar. Leur voix se coupent, s'entremêlent. Ça fuse. Ça débite. Et ils finissent par ne plus se comprendre ; entre temps de retard et malentendu. Parti de rien, c'est le début de tout. Tu comprends que c'est une scène de rupture. C'est la scène d'exposition. Ça fuse. Ça débite. Et tu penses à une screwball comedy. C'est un tchat transposé à l'oral, des personnages qui parlent comme ils tapent sur un clavier. C'est du post cinéma. Pas le post cinéma qui viendrait après le classique. Du post cinéma comme on poste un message sur internet, sur un blog ou sur Facebook. C'est la scène d'ouverture et Fincher tournera et montera tout le reste du film de la sorte. Un film où les scènes s'enchaînent et se répondent comme les posts d'un compte Facebook.
The Social Network : le film web 2.0 ? En tout cas un film qui l'intègre directement dans sa mise en scène. C'est d'ailleurs le seul intérêt de la chose. Il y a bien, pour ceux qui en manquent, la raison sociale. La solitude du génie qui a réinventé les réseaux sociaux, mégalo, misogyne, misanthrope. On s'en branle. Il y a les Castor et Pollux de l'ancien temps de la finance, d'un monde des affaires révolu. Les fils à papa, cigares et guêtres, qui se font niquer par un sans famille (on ne voit jamais sa famille), sweat shirt à capuche et claquettes. Le nouveau pouvoir. Le geek power. Il y a aussi le côté nouveau du film de procès. Qui n'est plus du film de procès, parce qu'il n'y a plus de procès, mais des négociations autour d'une table avec des avocats comme des pions dans une cours de récréation, surveillant et réglant un jeu d'enfants. Il doit bien y avoir d'autres éléments du genre, à jouer les reflets de société. Mais à défaut de complètement ennuyer, cela laisse indifférent. On s'en branle du type qui a inventé Facebook et comment pourquoi. On regarde un film comme on surfe sur internet. On nous montre un film comme un mur (de Facebook) : fait de séquences-posts, artificiel, personnel et commun, superficiel comme la peau d'un caméléon. Un film qui a complètement pris la forme de son sujet. Est-ce suffisant pour en faire un bon film ? Je n'en suis pas sûr.
à
08:21
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