Je n'arrête pas de tourner autour du pot au Ford mais n'arrive pas à écrire ce que je ne sais pas vouloir écrire. Résultat :
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27 octobre 2010
Quand la merde
21 octobre 2010
Quand la naissance...
Thursday ce héros. Héros de journalistes. Héros d'une histoire à fantasmer. Son portrait dans la pièce, le tableau représentant sa charge héroïque à Washington : la naissance d'une image de la nation. Une création. Une légende. Cette légende, Ford la dépouille tout le long de son film, ne laissant à l'histoire que l'image d'un officier de salon engoncé dans son incompétence, à cheval sur le règlement, cabré d'arrogance. Le véritable héros de Ford, le héros fordien, c'est John Wayne, l'officier en second, celui qui connaît le terrain, les hommes du fort et les Indiens. Le véritable héros de Ford, le héros fordien, c'est celui qui s'efface devant la légende. C'est le colonel York ici dans Fort Apache, c'est Tom Doniphon dans L'Homme qui tua Liberty Valance. C'est John Wayne dans les deux cas, à presque 15 ans d'écart, dans deux fins très proches. Un homme qui permet la légende, prêt à sacrifier la vérité, du moment qu'elle participe au développement d'un idéal auquel il croit. Ce n'est plus simplement qu'il faille imprimer la légende parce qu'elle serait devenue réalité. C'est imprimer la légende pour qu'elle devienne réalité. Qu'elle soit moteur d'un idéal : Thursday pour la naissance d'une nation, Ransom Stoddard pour la naissance d'une nation civilisée.
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19 octobre 2010
Quand le massacre...
Les journalistes sont assis dans son bureau et finissent de prendre notes et thé. Lui, a terminé son topo, leur disant que pour du sensationnel il leur faudra attendre. C'est alors que l'un d'eux se lèvent, tandis que la caméra caresse un tableau représentant Thursday comme on dit brosser un portrait, et caresse le bout du sabre relique comme de Linda Lovelace on attend qu'elle taille une pipe. C'était un grand homme. Il est un héros pour nous. Vous avez vu le tableau de sa charge ?... John Wayne évoque alors cet exemple pour tous qui a su mener ses hommes à la mort et la gloire. Le colonel Thursday, fou militaire ne pensant que discipline et règlement. Officier de cavalerie frustré d'avoir été envoyé dans le désert et bien décidé à revenir à Washington auréolé de gloire. Quitte pour cela à trahir sa parole et provoquer une bataille contre des Apaches convaincus de parlementer. Un type droit dans ses bottes et ses préjugés, raciste envers les Indiens bien sûr, envers les Irlandais de ses hommes aussi. Un héros. Le héros. Thursday, sous les traits de Fonda, c'est Custer, on le sait déjà. Sa gloire c'est Little Big Horn, la défaite militaire ici d'un entêté qui mène ses hommes à la mort pour son seul rêve de gloire, même quand il sent que ce rêve va tourner au cauchemar, au massacre. Un héros. Le héros des guerres indiennes. John Wayne évoque alors cet exemple pour tous qui a su mener ses hommes à la mort et la gloire. Il contribue et abonde dans le sens d'une légende à laquelle il s'est opposé tout le long du film. Il occupe désormais son bureau, son portrait au mur, et a repris jusqu'à ses attributs (la casquette règlementaire, la tenue de l'uniforme) et ses expressions (« questions gentlemen ? »). Quand la légende...
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18 août 2010
Quand la légende...
On a pu revoir John Ford à la Cinémathèque de Toulouse. C'était en juin principalement. Un cycle placé sous le signe de la légende. Quand la légende devient réalité, on imprime la légende. Le fameux. La légende du cinéma : Ford. La légende fordienne : le cinéma. Mais Ford c'est aussi l'autre légende, celle de l'histoire, américaine, qu'il a imprimée à travers ses histoires. Ou peut-être pas.« This is West, sir », dit le journaliste au sénateur James Stewart. « This is West. And when the legend becomes fact, print the legend », dit-il à L'Homme qui tua Liberty Valance. Sauf que le film de Ford, justement, montre que ce n'est pas lui qui tua Liberty, mais un pauvre inconnu mort dans l'oubli de tous. Le véritable héros n'est pas celui qui est désigné au départ. Ou, comme la scène du duel entre l'avocat et le hors-la-loi nous est montrée deux fois, sous deux angles différents, deux sentiments et significations différents, il faut y regarder à deux fois chez Ford.
On attend toujours Ford sur le terrain révisionniste du cinéma américain et du western classique en particulier, cette conquête de l'Ouest mythique qui est en réalité une guerre d'invasion appuyée par un génocide. Pourtant le cinéma de Ford démystifie bien plus qu'il ne mythifie. Ou plutôt, il mythifie par la démystification, et inversement. Mais jamais son approche du mythe n'a à voir avec la mystification. À la Naissance d'une nation, préférer penser la naissance d'une image de la nation. Ford gratte le vernis des idoles du mythe américain pour donner un portrait de l'homme américain ; une autre légende.
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10:45
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