ou le ciné m'a tuer

La bataille avait été rude et il fallait déjà repartir. Merrill inspectait ses maraudeurs. On était chez Fuller, avec ses Merrill's Marauders. Le général Merrill mâchouillait sa pipe mal embouchée, toujours à la recherche du prochain pas. Il passait en revue ses hommes épuisés. L'un agonisait, délirait. "Est-ce que Lemtchek s'en est tiré ? Je l'ai vu tomber. Est-ce que Lemtchek s'en est tiré ?", expirait-il en agrippant le bras du général, les yeux fous. Et il est mort. "Est-ce que Lemtchek s'en est tiré ?" demanda le général. "C'était lui Lemtchek", lui répondit un de ses camarades.
Remplacer Lemtchek par cinéma.



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1 juillet 2010

Avatar 3

Film générationnel, écrivais-je. Je pensais à Matrix. Je n'en démords pas. En même temps c'est tout le contraire. Matrix disait : ton monde est virtuel, débranche-toi, la réalité est ailleurs. Avatar, comme son titre l'indique, nous raconte une transformation, l'histoire d'un type, handicapé, inadapté à la vie humaine, qui va, à travers le contrôle d'un avatar, devenir un véritable héros dans un monde extraterrestre et finir par incarner complètement celui-ci en décidant d'abandonner son enveloppe corporelle. Réincarnation et blablabla, le truc pourrait être un délire hindouiste. C'est une ode au virtuel. C'est l'histoire d'un type qui trouve que son monde n'est pas beau et décide de vivre dans un autre. Ton monde est pourri, branche-toi, le virtuel sera ta réalité. C'est le geek qui, plutôt que de mener le combat écologique dans la réalité, s'oppose aux multinationales qui dévastent le monde à travers son avatar, virtuellement, devant sa console de jeu (en l'occurrence, une sorte de cercueil à UV). La scène de fight final est filmée comme un fight de jeu vidéo. On est loin de Terminator. Dans Terminator d'ailleurs, une machine du futur camouflait son exo-squelette d'acier sous une enveloppe humaine factice. Ici l'équivalent pour le fight final est un homme dans un exo-squelette. Les donnes dont inversées.

30 juin 2010

Avatar

Vu Avatar le 4 janvier 2010.
Curieux de la 3D relief, je n'avais encore vu aucun film récent tenant de ce procédé.
Certainement un film important. Peut-être générationnel ; à la manière de Matrix (dix ans déjà - une génération au cinéma).
Cameron a planté le décor (la 3D), un décor (Pandora) ; reste à écrire l'histoire, à y inscrire une histoire. Parce que sa resucée de Pocahontas écolo n'est pas ce que l'on peut appeler une histoire originale. Pourtant le film semble d'ores et déjà inscrit dans l'histoire. Pour la 3D. Et pas forcément où on l'attendait. Ce ne sont pas tant les plans d'ensemble, qui en pareil cas se doivent d'être spectaculaires, qui impressionnent, mais plutôt les plans plus simples, dans des lieux confinés, les champs contre champs basiques, les plans fixes quand le perso principal enregistre son journal, qui donnent tout l'intérêt à cette fameuse 3D et la rendent véritablement révolutionnaire. On croirait que Cameron a inventé le spectaculaire de demain, il a ouvert la voie au film intimiste en 3D. Et on se met à espérer un Rohmer (trop tard) ou pourquoi pas un Doillon en 3D, voire surtout un Godard qui saurait pousser le procédé dans ses derniers retranchements. Ah que JLG n'ait pu faire son Film Socialisme en 3D à coups de plusieurs millions de dollars...