27 novembre 2010
19 novembre 2010
Toro Toro Toro
Il est énorme. D'un noir graisseux. Fumant, gouttant, fulminant, Minotaure d'acier levant la poussière d'un désert de feu. Le camion citerne de Duel est un macguffin, comme le grand requin blanc, l'arche perdue, etc. On s'en fout de ce qu'il est vraiment, qu'il ait un chauffeur ou pas ; comme le macguffin hitchcockien, il est là pour faire avancer l'histoire. À cela près que d'habitude, chez Hitchcock comme Spielberg, ce sont les personnages qui se lancent à la recherche du macguffin. Ici, c'est le macguffin qui cherche le personnage. Homme, homme, homme... C'est le macguffin taureau mécanique qui vient agiter la muleta de l'homme. Homme, homme, homme... olé ! Parce que Duel est une corrida. Une corrida inversée. Jusqu'au final, jusqu'à ce que l'homme se décide à jouer son rôle et, dans le dernier face à face, lance sa voiture rouge comme le matador sa muleta pour leurrer l'animal. Mise à mort. C'est dans la mort du camionotaure que l'homme naît. Il s'appelait Mann. Un nom prédestiné.
18 novembre 2010
Champ de bataille...
... , c'est comme un champ de bataille : l'amour, la haine, la violence, l'action, la mort... En un mot l'émotion.
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08:09
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12 novembre 2010
Post cinéma
Un garçon et une fille. Presque encore tout boutonneux. Ils sont en train de discuter dans un bar. Leur voix se coupent, s'entremêlent. Ça fuse. Ça débite. Et ils finissent par ne plus se comprendre ; entre temps de retard et malentendu. Parti de rien, c'est le début de tout. Tu comprends que c'est une scène de rupture. C'est la scène d'exposition. Ça fuse. Ça débite. Et tu penses à une screwball comedy. C'est un tchat transposé à l'oral, des personnages qui parlent comme ils tapent sur un clavier. C'est du post cinéma. Pas le post cinéma qui viendrait après le classique. Du post cinéma comme on poste un message sur internet, sur un blog ou sur Facebook. C'est la scène d'ouverture et Fincher tournera et montera tout le reste du film de la sorte. Un film où les scènes s'enchaînent et se répondent comme les posts d'un compte Facebook.
The Social Network : le film web 2.0 ? En tout cas un film qui l'intègre directement dans sa mise en scène. C'est d'ailleurs le seul intérêt de la chose. Il y a bien, pour ceux qui en manquent, la raison sociale. La solitude du génie qui a réinventé les réseaux sociaux, mégalo, misogyne, misanthrope. On s'en branle. Il y a les Castor et Pollux de l'ancien temps de la finance, d'un monde des affaires révolu. Les fils à papa, cigares et guêtres, qui se font niquer par un sans famille (on ne voit jamais sa famille), sweat shirt à capuche et claquettes. Le nouveau pouvoir. Le geek power. Il y a aussi le côté nouveau du film de procès. Qui n'est plus du film de procès, parce qu'il n'y a plus de procès, mais des négociations autour d'une table avec des avocats comme des pions dans une cours de récréation, surveillant et réglant un jeu d'enfants. Il doit bien y avoir d'autres éléments du genre, à jouer les reflets de société. Mais à défaut de complètement ennuyer, cela laisse indifférent. On s'en branle du type qui a inventé Facebook et comment pourquoi. On regarde un film comme on surfe sur internet. On nous montre un film comme un mur (de Facebook) : fait de séquences-posts, artificiel, personnel et commun, superficiel comme la peau d'un caméléon. Un film qui a complètement pris la forme de son sujet. Est-ce suffisant pour en faire un bon film ? Je n'en suis pas sûr.
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08:21
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29 octobre 2010
Beurre de cacachouette
Je regarde Kurt Russell jouer Elvis et je vois l'acteur que le King n'a jamais été. Non pas que Kurt soit le king plus vrai que nature, mais parce que ses qualités de jeu rappellent les défauts de celui d'Elvis. Presley était une bête de scène, le roi sur scène. Il paraît toujours emprunté quand il joue une scène. Pataud comme un chiot de cirque à qui l'on vient d'apprendre un tour. Le seul défaut de Kurt, c'est de ne pas jouer cette maladresse qui tient de l'embarras devant la caméra. Russell a enfilé le costume de scène du King, sa gestuelle, son dynamisme, son assurance. Le King de cinéma que l'on connaît est fragile, incertain, craintif. Le chanteur ou le chanteur à qui l'on demande de faire l'acteur ? Lequel des deux pour incarner véritablement le King au cinéma ?
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08:12
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27 octobre 2010
Quand la merde
Je n'arrête pas de tourner autour du pot au Ford mais n'arrive pas à écrire ce que je ne sais pas vouloir écrire. Résultat :
21 octobre 2010
Quand la naissance...
Thursday ce héros. Héros de journalistes. Héros d'une histoire à fantasmer. Son portrait dans la pièce, le tableau représentant sa charge héroïque à Washington : la naissance d'une image de la nation. Une création. Une légende. Cette légende, Ford la dépouille tout le long de son film, ne laissant à l'histoire que l'image d'un officier de salon engoncé dans son incompétence, à cheval sur le règlement, cabré d'arrogance. Le véritable héros de Ford, le héros fordien, c'est John Wayne, l'officier en second, celui qui connaît le terrain, les hommes du fort et les Indiens. Le véritable héros de Ford, le héros fordien, c'est celui qui s'efface devant la légende. C'est le colonel York ici dans Fort Apache, c'est Tom Doniphon dans L'Homme qui tua Liberty Valance. C'est John Wayne dans les deux cas, à presque 15 ans d'écart, dans deux fins très proches. Un homme qui permet la légende, prêt à sacrifier la vérité, du moment qu'elle participe au développement d'un idéal auquel il croit. Ce n'est plus simplement qu'il faille imprimer la légende parce qu'elle serait devenue réalité. C'est imprimer la légende pour qu'elle devienne réalité. Qu'elle soit moteur d'un idéal : Thursday pour la naissance d'une nation, Ransom Stoddard pour la naissance d'une nation civilisée.
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08:18
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